Les orphelins d'Aceh
Dans Banda Aceh, ville littéralement anéantie sur des kilomètres, la vérité que les humanitaires sont en train de découvrir s'annonce pire encore que ce qu'ils envisageaient.
Tandis qu'enfle le nombre de disparus, il se confirme que les enfants, notamment les plus jeunes, ont été les premières victimes des vagues tueuses. «Il y a plus de parents qui ont perdu leurs enfants que d'enfants orphelins», résume Willem Standaert, représentant de l'Unicef. source le Figaro.
Toutefois, aucune organisation, officielle ou non gouvernementale, n'est capable aujourd'hui de dénombrer exactement les victimes de la catastrophe.
Nami garde les yeux au loin quand elle raconte son drame. Tongs, tee-shirt jaune, la jeune fille qui vit depuis deux semaines dans un camp de secours à Banda Aceh – quelques dizaines de tentes installées sur la pelouse boueuse au pied de l'immeuble de la chaîne de télévision indonésienne – est à la fois une réfugiée et une bénévole intégrée à une équipe de volontaires.
A 16 ans, Nami a tout perdu le 26 décembre dernier. Elle était dans sa chambre, raconte-t-elle sobrement de sa jolie voix grave, ce dimanche matin, lorsque la terre s'est mise à trembler. Puis l'eau l'a brusquement happée hors de la maison, et quand elle a repris connaissance, quelqu'un assis sur une planche lui a tendu la main pour la hisser hors de l'eau. C'est là qu'elle a aperçu son grand frère, perché sur un toit.
De fil en aiguille, les deux orphelins ont appris qu'au camp mis en place par une ONG locale, Pusaka, mais supervisé par l'Unicef, des volontaires pourraient les aider à retrouver leur famille. Mais les espoirs de retrouvailles s'amenuisent au fil des jours. Hier, Nami a fêté son anniversaire. «C'est la première fois que j'ai vraiment pleuré», confie-t-elle.
Assis à ses côtés, le petit Rajik écoute avec attention ce récit qui ressemble trop au sien. Rajik ne parle pas. Il tient la main de l'un des organisateurs du camp, Prass. Doucement, il caresse les doigts de l'homme visiblement ému, puis s'attache à son cou. «Il m'appelle papa», lâche Prass. Au camp, on ne connaît pas d'autres enfants orphelins. Nami et Rajik sont les deux seuls mineurs recensés comme étant totalement isolés.
En ce qui concerne les personnes déplacées, le gouvernement indonésien a compté 700 000 personnes tandis que l'armée américaine estime ce nombre plutôt à 350 000.
Dans ces conditions, comment évaluer le nombre d'enfants touchés ? «On cherche les jeunes enfants, mais on ne les trouve pas», assène Willem Standaert. Les responsables du camp n'ont pas recueilli de bébés. «Plusieurs nourrissons ont survécu, assure pourtant un volontaire, quand leurs mères ont eu le réflexe de les jeter dans des voitures qui s'échappaient... Ils sont aujourd'hui dans des familles d'accueil.»
Hier, 510 enfants isolés «seulement» avaient été répertoriés. Le travail de recensement qu'a entrepris l'Unicef n'est pas facile, car de nombreux petits auraient été pris en charge par des parents au sens large, des proches, ou même des voisins.
Les familles sont parfois réticentes à effectuer les démarches d'enregistrement : après des années de guerre civile dans le pays, la population se méfie des actes administratifs. A différents endroits de Banda Aceh, comme à l'aéroport, les familles ont placardé les photos des disparus, avec leurs coordonnées, au cas où...
Dans ce contexte, le centre pour les enfants du camp s'est assigné comme première mission la réunification des familles.
Sous la tente sont affichées les photos des enfants dont les responsables ont pu avoir connaissance, avec un numéro mais pas de nom – par mesure de sécurité. Les volontaires font du porte à porte dans les autres camps et les communautés afin de recenser le maximum d'informations possibles. Une base de donnée centralisée par le gouvernement devrait permettre d'aboutir à un maximum de recoupements...
Dans le camp, la vie reprend tant bien que mal. Une trentaine d'enfants suivent sous une tente de fortune une «classe» tenue par un étudiant volontaire appartenant à une association locale.
Sur les dessins réalisés dans l'après-midi, l'eau est omniprésente. Sur sa feuille de papier, Sirya, 9 ans, a dessiné la mer partout jusqu'au pied des montagnes et tracé de grands ronds noirs et marrons : «La vague qui avance comme un mur», raconte-t-elle.









Bonjour,
je viens de lire cet article. Depuis le 26 Décembre, je ne cesse de me tenir au courant de l'évolution de la situation en Asie du Sud. je voudrais connaître des associations ou ONG qui organisent des actions concrètes de reconstruction, soutien psychologique (et autres) envers ces populations. je suis prête à partir dès demain, pour me rendre utile auprès de ces Etres qui n'ont plus rien, et sourient malgré tout...
Tenez moi au courant s'il vous plaît; merci par avance.
elzazoulio@hotmail.com
Rédigé par: Elsa | le mercredi, 26 janvier 2005 à 20:50